Projet sociaux, entre utopie et réalité

Jamais sans doute, abstraction faite des guerres que nous avons traversées, le « tissus social » n’aura été aussi fragmenté, usé, distendu, laissant apparaitre de profondes et inquiétantes divergences.

A l’époque candidat à la l’Elysée en 1995, Jacques Chirac avait bâti sa campagne autour de la « Fracture sociale ». Près de trente ans plus tard, le constat est sans équivoques, inquiétant, la fracture est désormais béante.

Beaucoup d’évènements se sont produits depuis, soulignant ce qui précède, les « Gilets Jaunes » sont passés par là, et depuis quelques temps, la pandémie qui nous paralyse ont mis, si besoin était en évidence la fragmentation et l’individualisme de la société, de plus, la fermeture voire la disparition de certains lieux (petits commerces, cinémas, théâtres, bistrots…) désormais classées comme « non essentiels » alors qu’ils sont des lieux de sociabilité ne fait qu’accentuer ces phénomènes qui laissent des pans entiers de la population sur le bas-côté de la route.

Submergés par le torrent d’informations, souvent contradictoires et relayés par des réseaux sociaux qui n’ont de sociaux que leurs pâles écrans, nous en sommes parfois réduits à une sorte de comptabilité du mal-être, du morbide ; comment pourrait-il en être autrement tant l’inconnue de l’équation est grande.

Sil semble difficile et même impossible pour certains de reconstituer l’ensemble des lieux disparus, il existe fort heureusement des structures, des lieux polyvalents qui peuvent, de par leurs projets et leurs actions revitaliser le tissus social. Les Centres socio culturel font partie, comme d’autres de ces lieux aujourd’hui plus que jamais essentiels.

Les projets sociaux qu’ils portent, même s’ils ne peuvent ni aborder ni résoudre toutes les questions sociétales, ce qui est hélas impossible doivent être à la hauteur de l’immense défi qui leur est proposé, je devrais dire imposé.

 Le travail est considérable, presque sans fin, nécessitant une adaptation quasi constante des nouvelles formes de sociétés que, par provocation, j’appellerais de nouvelles « variantes ». Voilà le défi ; tenter de relier toutes ces « variantes », tout ces microcosmes par ce qui est peut-être aujourd’hui l’un des lieux de sociabilité le plus important, c’est leur marque, leur raison d’être, car l’objet (au sens sociologique du terme) de leur travail est l’Humain.

Ambitieux les projets sociaux ? Tant mieux, je préféré l’ambition à la résignation, l’action à l’immobilisme.

Sont-ils utopiques ? J’ai volontairement titré « UTOPIE ET REALITE », au sens d’une représentation d’une société idéale, sans défauts, contrairement à la réalité. Si la Société idéale n’existe pas (elle n’a jamais existé et n’existera probablement jamais) j’aime à penser que l’Utopie, le rêve sont des moteurs qui nous font, en quelque sorte déranger le présent (la réalité) pour arranger l’avenir.

Henri Delhaye, Bénévole.

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